Le Protestantisme Luthéro-Réformé

Le Protestantisme: les grands principes

Lorsque l’on parle du protestantisme, cela signifie beaucoup de choses, beaucoup de confessions, le protestantisme est multiple. Le protestantisme fait partie du christianisme (au même titre que l’Eglise catholique et orthodoxe, nous basons notre foi sur la Bible et sur la résurrection de Jésus Christ).

Cette page vous parle du protestantisme Luthéro-Réformé, ce qu’est l’Eglise Protestante Unie (l’alliance entre l’Eglise Luthérienne de France et l’Eglise Réformée de France depuis 2013).

Le protestantisme est né principalement de deux mouvements : celui de Martin Luther en Allemagne à partir de 1517 et de Jean Calvin en Suisse et en France à partir de 1530 environ.

Luther d’abord : Le 31 octobre 1517 (aujourd’hui les 500 ans de la Réforme) Luther a placardé 95 thèses sur l’Eglise de Wittenberg en Allemagne, des thèses contre l’abus des indulgences. Il s’est insurgé contre l’idée que nous devions payer pour notre Salut, c’est-à-dire pour être sauvé. Pour Luther, la Salut ne pouvait être obtenu que par la foi et non par nos actions. C’est pour cela que dans le protestantisme nous disons que nous sommes sauvés par la grâce, au moyen de la foi, et non par nos actes. C’est à partir de cette idée, que Luther avait trouvé dans la Bible, et tout particulièrement dans les épîtres de Paul, que le protestantisme a débuté.

Tout est ensuite allé assez vite car Luther ne souhaitait pas, à la base, et c’est toujours bien de le rappeler, il ne souhaitait pas créer une nouvelle religion mais bien réformer l’Eglise Catholique Romaine dont il faisait partie. Il ne s’attendait pas à ce que ses idées prennent autant d’ampleur.

Luther avait à cœur de rendre accessible à tous la pratique religieuse dont la lecture de la Bible. Il a traduit la Bible en allemand et l’essor de l’imprimerie a beaucoup aidé à la diffusion, et de la Bible traduite, et des idées de la Réforme. Luther met en avant le fait que chacun est amené à lire la Bible et avoir une relation personnelle avec Dieu, non plus seulement par l’intermédiaire du clergé. Pour lui, tout croyant était assez intelligent pour lire et comprendre la Bible.

Luther a donné le luthéranisme, les luthériens, que nous retrouvons en Allemagne par exemple et en Alsace pour la France.

En 1536 c’est un autre théologien qui donnera naissance aux calvinistes, ceux que nous appelons aujourd’hui les Réformés : Jean Calvin lorsqu’il sort l’Institution de la Religion Chrétienne. Calvin est d’avantage le réformateur en Suisse et en France, d’où le fait que les réformés soient majoritaires en France face aux luthériens.

Le protestantisme Luthéro-Réformé se définit principalement en 7 grands principes (qui se sont développés au cours de la Réforme au 16ème et 17ème siècles, et qui sont toujours d’actualités pour les protestants) :

  • La foi seule / Sola Fide: Ce principe est basé sur le verset de Romains 5, 1 « Etant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ ». La foi en Jésus Christ seule sauve. La foi naît de la rencontre de l’être humain avec Dieu, c’est une rencontre personnelle, spirituelle.
  • La grâce seule / Sola Gracia: la grâce seule donnée par Dieu gratuitement, sans action de notre part. La grâce est l’amour gratuit et originel de Dieu pour l’humanité. Indépendamment de ses mérites et de ses actions, l’être humain est déjà sauvé. Cette confiance de Dieu le rend responsable. Dans l’épître aux Ephésiens, l’apôtre Paul écrit : « vous êtes sauvés par la grâce, par le moyen de la foi, cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ». L’épître aux Romains affirme : « L’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi ». Dans ces deux phrases, les Réformes luthérienne, réformée, anglicane, et radicale ont vu l’affirmation centrale du Nouveau Testament et du christianisme. Elles soulignent unanimement le caractère essentiel, capital et décisif du salut gratuit (ou justification par grâce). Nous pourrions le dire comme cela : l’homme est déjà sauvé et réconcilié, par la seule initiative aimante de Dieu. Il attend simplement notre réponse à cet amour par notre responsabilisation dans ce monde.
  • A Dieu seul la Gloire / Soli Deo Gloria: rien n’est sacré ou absolu en dehors de Dieu. Nous sachant aimés par Dieu, notre existence entière se doit de le célébrer, car lui seul en est digne.
  • JésusChrist seul / Solus Christus : Jésus Christ ressuscité est notre sauveur, il est le seul Seigneur, le seul médiateur et intercesseur auprès de Dieu.
  • L’Ecriture seule / Sola Scriptura comme « doctrine », pas la tradition – Seule la Bible est le point sur lequel nous pouvons nous appuyer pour parler de Dieu. La Bible est l’autorité première en matière de foi. Pour Luther, chaque croyant était assez intelligent pour lire la Bible et la comprendre, sans nécessairement passer par des dogmes ou des interprétations. La lecture est première pour tous. Pour Luther, le salut gratuit ne découle pas d’une bonne lecture de la Bible mais conditionne cette lecture, ce principe ouvre pour lui une lecture intelligente de la Bible. Pour la lecture de la Bible, Calvin insiste sur le fait que « nous ne sommes pas seul dans cette lecture » mais que, par notre lecture, nous sommes amenés à discuter et interpréter ensemble ces Ecritures, avec les autres. L’interprétation par l’Eglise des Ecritures ne saurait être la seule et elle est amenée à être discutée avec tous. Ainsi, ce schéma implique une constante confrontation : par fidélité à l’Écriture, le croyant interpelle l’Église et par fidélité à l’Écriture, l’Église interpelle le croyant.
  • Le sacerdoce universel: tous prêtres, tous amenés à lire la Bible pour grandir dans la foi, aucune distinction entre les croyants. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de hiérarchie dans l’Eglise, personne n’a une relation à Dieu plus importante qu’une autre personne. Chaque baptisé a une place identique dans l’Église, qu’il soit laïc ou pasteur. C’est également la raison pour laquelle chacun (avec une formation et une autorisation), peut animer le culte du début à la fin, et pratiquer les sacrements de Baptême et de Sainte Cène (communion).
  • Le Semper Reformanda: la réforme perpétuelle des doctrines et des « rites » qui sont en évolution avec les temps dans lesquels nous vivons, tout en se basant sur le texte biblique. L’Eglise est une communauté humaine qui évolue sans cesse au rythme de l’humanité.

Voilà donc les 7 grands principes du protestantisme : La Foi seule comme une rencontre et une relation personnelle avec Dieu, La Grâce seule et non les actes nous mettent en relation à Dieu, A Dieu seul la Gloire, rien n’est sacré en dehors de Dieu, Jésus Christ comme seul intercesseur pour nous auprès de Dieu, L’Ecriture seule comme autorité, La Réforme Perpétuelle de la tradition et Le Sacerdoce Universel, tous prêtres, égaux devant Dieu.

 

L’ Eglise 

En ce qui concerne la pratique ecclésiale, Jean Calvin disait  que l’Eglise c’est : « Là où la parole est lue et prêchée fidèlement et où les sacrements sont droitement administrés » Jean Calvin

Dans l’Eglise Protestante Unie il y a 2 sacrements : le Baptême et la Sainte Cène (la communion). Que chacun peut célébrer par le sacerdoce universel, car il n’y a pas de transformation du pain et du vin ou une bénédiction de l’eau du baptême au préalable. Nous n’avons que deux sacrements dans le protestantisme luthéro-réformé car ils sont : le signe visible d’une grâce invisible (baptême = eau / Cène = pain et vin) et attestés bibliquement.

Ce qui est au centre dans le protestantisme luthéro-réformé et au centre du culte c’est la prédication : la lecture de la Bible et l’interprétation, aussi bien au niveau du travail théologique mais surtout « comment ces textes reçus nous parlent à nous aujourd’hui, qu’est-ce qu’ils nous disent ? ».

Au final, que pouvons-nous dire sur « les grands principes du protestantisme » ? En deux phrases : le croyant est amené à avoir une foi personnelle d’abord, en relation directe avec Dieu, tout en se « confrontant » à la communauté.

Ainsi, le schéma de fonctionnement est : La rencontre avec le Christ est première pour le croyant qui ensuite formera la communauté avec plusieurs croyants. A cette foi personnelle s’allie donc les grands principes du protestantisme, démarrant d’une affirmation de la grâce gratuite, de la justification par la foi seule (ce dont personne d’autre que Dieu ne peut juger).

 

Déclaration de Foi de l’Eglise Protestante Unie de France 


Le Synode national de l’Eglise protestante unie de France réuni à Lille du 25 au 28 mai 2017 adopte la Déclaration de foi qui suit :

En Jésus de Nazareth, Dieu révèle son amour pour l’humanité et le monde.

L’Église protestante unie de France le proclame avec les autres Églises chrétiennes. Sur la lancée de la Réforme, elle annonce cette bonne nouvelle : Dieu accueille chaque être humain tel qu’il est, sans aucun mérite de sa part. Dans cet Evangile de grâce, au cœur de la Bible, se manifeste l’Esprit de Dieu. Il permet à l’Église d’être à l’écoute des textes bibliques et de se laisser conduire par eux au quotidien.

Dieu nous a créés, nous invitant à vivre en confiance avec lui. Nous trahissons pourtant cette confiance, et nous voilà confrontés à un monde marqué par le mal et le malheur. Mais une brèche s’est ouverte avec Jésus, reconnu comme le Christ annoncé par les prophètes : le règne de Dieu est déjà à l’œuvre parmi nous.

Nous croyons qu’en Jésus, le Christ crucifié et ressuscité, Dieu a pris sur lui le mal.

Père de bonté et de compassion, il habite notre fragilité et brise ainsi la puissance de la mort. Il fait toutes choses nouvelles !

Par son Fils Jésus, nous devenons ses enfants. Il nous relève sans cesse : de la peur à la confiance, de la résignation à la résistance, du désespoir à l’espérance.

L’Esprit saint nous rend libres et responsables par la promesse d’une vie plus forte que la mort. Il nous encourage à témoigner de l’amour de Dieu, en paroles et en actes.

Dieu se soucie de toutes ses créatures. Il nous appelle, avec d’autres artisans de justice et de paix, à entendre les détresses et à combattre les fléaux de toutes sortes : inquiétudes existentielles, ruptures sociales, haine de l’autre, discriminations, persécutions, violences, surexploitation de la planète, refus de toute limite.

Dans les dons qu’elle reçoit de Dieu, l’Eglise puise les ressources lui permettant de vivre et d’accomplir avec joie son service : proclamation de la Parole, célébration du baptême et de la cène, ainsi que prière, lecture de la Bible, vie communautaire et solidarité avec les plus fragiles.

L’Église protestante unie de France se comprend comme l’un des visages de l’Église universelle. Elle atteste que la vérité dont elle vit la dépasse toujours.

A celui qui est amour au-delà de tout ce que nous pouvons exprimer et imaginer, disons notre reconnaissance.

« Célébrez Dieu, car il est bon et sa fidélité dure pour toujours. » Psaume 118,1