Petites pages d’histoire

 

Les deux premiers pasteurs du Mans. (janvier 1561-mars 1561)

 

Les assemblées des représentants des premières Églises à Poitiers en 1557 et à Paris en 1559 encouragent la formation d’autres Églises (6 en 1555…286 fin 1560) en y envoyant des pasteurs et en définissant une discipline ecclésiastique selon les critères de Calvin.

Au Mans un groupe important fait de nobles, d’élites municipales, de juristes et d’artisans constituent une Église « plantée » : sans pasteur, sous forme de réunions clandestines avec lecture de la Bible, chants de psaumes et exhortations mutuelles. En 1560 l’arrivée de deux pasteurs permet d’organiser le 1er janvier 1561 une Église « dressée », régie par un consistoire. Ce sont Henri de Salvert (formé à Poitiers et envoyé par Tours, est-il en fait Charles de Ris dit Salvert ?) et François Poinsson (ou Punisson) : après « une longue carrière en la Papauté » il s’enfuit à Genève en 1553 puis est envoyé en 1555 avec une lettre de Calvin en Poitou.

Le 4 mars 1561 Salvert est « mandé » au synode général à Poitiers où il doit être confirmé dans ses fonctions. Le consistoire y fait porter un mémoire « pour essayer que Monsieur Salvert, nous demeure comme ministre ou autre son pareil ». Le 25 mars 1561, une assemblée a lieu dans une maison du faubourg Saint Jean au Mans. Mais c’est le jour de la fête de l’Annonciation et des protestants qui s’y rendent sont pris de querelle et agressés : Jacques Bouju, sieur des Marais, meurt et Jean Richard sieur de la Richardière est grièvement blessé. Le Pasteur Poinsson est forcé de quitter le Mans et rejoint l’église d’Alençon. Au synode Salvert est ordonné mais donné à l’Église d’Angers (où il meurt en 1562 lors des troubles en chutant d’une tour qui dès lors portera son nom).

Au mois de mai, les protestants du Mans, sans Pasteur, reprennent leurs assemblées publiques. Le 10 août est envoyé par l’Église de Paris un nouveau et jeune pasteur très actif : Pierre Merlin. Le 29 août Nicolas Le Balleur, diacre du consistoire réorganisé, propose à Poinsson de demeurer à Alençon à une prudente condition « pendant le temps seulement que le Pasteur Merlin restera au Mans ».

Olivier Cahen


 

A suivre en mai : le Pasteur Pierre Merlin ( août 1561-juillet 1562)